Théâtre
Le 14 novembre 1606, Marc Lescarbot produit en face de Port-Royal (Acadie), sur le territoire actuel d'Annapolis Royal (Nouvelle-Écosse), la première pièce de théâtre à avoir lieu au Canada. Son Théâtre de Neptune se déroule dans des barges et des canots. Il s'agit du premier spectacle conçu et réalisé en Nouvelle-France, par des Européens, interprété par des Français et des Amérindiens sous la direction de l'auteur (incarnant Neptune), qui en était la vedette principale et qui fut d'ailleurs le premier poète de l'histoire de la Nouvelle-France. Six Tritons et quatre Sauvages (campés par des Français) donnent la réplique au dieu de la Mer (Lescarbot).
Le théâtre demeure, de nos jours, un des modes d'expression privilégiés par les artistes pour communiquer, pour manifester leur imaginaire au reste du monde. À la grandeur du pays, des compagnies de théâtre proposent à leurs publics des textes de création et de répertoire qui les font rêver, rire ou pleurer, les bousculent ou les heurtent, mais qui jamais ne les laissent indifférents.
Une quinzaine de théâtres professionnels permettent à des dramaturges franco-canadiens de répandre haut et fort leurs messages. Depuis trente ans, ces dramaturges facilitent la rencontre des amateurs de cet art millénaire avec des univers qui leur sont tantôt familiers, tantôt totalement étrangers. Il est presque naturel que les gens de théâtre, habitués à travailler en groupe, aient été des précurseurs dans la mise sur pied d'organismes provinciaux et nationaux devant veiller à leur promotion.
Fondée en 1984, l'Association des théâtres francophones du Canada (ATFC) est un chef de file dans la création de partenariats permettant aux productions de sillonner le pays, et parfois même de traverser en France. Le Réseau indépendant des diffuseurs d'événements artistiques unis (RIDEAU) contribue certainement à ce genre de partenariat, car il comprend deux cents membres et organismes de diffusion, dont les sept réseaux de diffusion régionaux.
Du côté du Québec, depuis près de quarante ans, les artisans du théâtre inventent des histoires, racontent celles des autres et mettent en scène les vies imaginées d'ici et d'ailleurs. La pratique théâtrale du Québec a fait un bon bout de chemin depuis l'interprétation « à la française » des années 1950 et 1960 jusqu'aux créations de Robert Lepage en passant par la pièce Les belles-soeurs de Michel Tremblay.
Aujourd'hui, plus de 2 000 comédiens foulent les planches de multiples lieux de création et de production. La plupart de ces acteurs ont appris leur fascinant métier dans les écoles, facultés ou conservatoires de la province. Trois cents compagnies de théâtre, la majorité de petite dimension mais grandes sur les plans de l'ambition et du talent, attirent autant le spectateur profane que le public averti.
Un gala télévisé au caractère plutôt singulier, La Soirée des Masques, récompense ce talent depuis 1994. (La pièce de Lescarbot était d'ailleurs un masque, c'est-à-dire une pièce de théâtre symbolique en vue d'honorer une personne de marque ou de saluer le retour d'un dignitaire laïc ou religieux. Dans le cas de Lescarbot, un éloquent avocat, c'était le retour à Port-Royal de Poutrincourt, un de ses clients, après un voyage d'exploration.) L'Académie québécoise du théâtre, qui coordonne l'événement, a ajouté une catégorie en 2000 : le Masque de la production franco-canadienne. Une façon additionnelle d'entendre parler de ce qui se fait en théâtre d'expression française ailleurs qu'au Québec.
Le théâtre demeure, de nos jours, un des modes d'expression privilégiés par les artistes pour communiquer, pour manifester leur imaginaire au reste du monde. À la grandeur du pays, des compagnies de théâtre proposent à leurs publics des textes de création et de répertoire qui les font rêver, rire ou pleurer, les bousculent ou les heurtent, mais qui jamais ne les laissent indifférents.
Une quinzaine de théâtres professionnels permettent à des dramaturges franco-canadiens de répandre haut et fort leurs messages. Depuis trente ans, ces dramaturges facilitent la rencontre des amateurs de cet art millénaire avec des univers qui leur sont tantôt familiers, tantôt totalement étrangers. Il est presque naturel que les gens de théâtre, habitués à travailler en groupe, aient été des précurseurs dans la mise sur pied d'organismes provinciaux et nationaux devant veiller à leur promotion.
Fondée en 1984, l'Association des théâtres francophones du Canada (ATFC) est un chef de file dans la création de partenariats permettant aux productions de sillonner le pays, et parfois même de traverser en France. Le Réseau indépendant des diffuseurs d'événements artistiques unis (RIDEAU) contribue certainement à ce genre de partenariat, car il comprend deux cents membres et organismes de diffusion, dont les sept réseaux de diffusion régionaux.
Du côté du Québec, depuis près de quarante ans, les artisans du théâtre inventent des histoires, racontent celles des autres et mettent en scène les vies imaginées d'ici et d'ailleurs. La pratique théâtrale du Québec a fait un bon bout de chemin depuis l'interprétation « à la française » des années 1950 et 1960 jusqu'aux créations de Robert Lepage en passant par la pièce Les belles-soeurs de Michel Tremblay.
Aujourd'hui, plus de 2 000 comédiens foulent les planches de multiples lieux de création et de production. La plupart de ces acteurs ont appris leur fascinant métier dans les écoles, facultés ou conservatoires de la province. Trois cents compagnies de théâtre, la majorité de petite dimension mais grandes sur les plans de l'ambition et du talent, attirent autant le spectateur profane que le public averti.
Un gala télévisé au caractère plutôt singulier, La Soirée des Masques, récompense ce talent depuis 1994. (La pièce de Lescarbot était d'ailleurs un masque, c'est-à-dire une pièce de théâtre symbolique en vue d'honorer une personne de marque ou de saluer le retour d'un dignitaire laïc ou religieux. Dans le cas de Lescarbot, un éloquent avocat, c'était le retour à Port-Royal de Poutrincourt, un de ses clients, après un voyage d'exploration.) L'Académie québécoise du théâtre, qui coordonne l'événement, a ajouté une catégorie en 2000 : le Masque de la production franco-canadienne. Une façon additionnelle d'entendre parler de ce qui se fait en théâtre d'expression française ailleurs qu'au Québec.














